Lors de la 5e Coupe du Congo de Roller Sports, une organisation de jeunes a fait du sport un espace de dialogue sur les violences basées sur le genre, la planification familiale et la capacité des filles et des jeunes femmes à faire leurs propres choix.

Du 28 au 30 août 2026, le Stade des Martyrs a accueilli la 5e Coupe du Congo de Roller Sports. Pour la troisième fois, Ipas RDC a appuyé cette compétition organisée avec le soutien du ministère des Sports, à travers la Fédération congolaise de roller sports, FECOROLS.

Dans le cadre de cette compétition, Youth Sprint, une organisation de jeunes, a mené avec l’appui d’Ipas RDC des activités de sensibilisation sur les violences basées sur le genre et la planification familiale. En allant directement à la rencontre des athlètes, des jeunes et du public, ses membres ont créé un espace d’information, d’écoute et de dialogue sur la santé et les droits sexuels et reproductifs.

Cette initiative repose sur une conviction simple : les espaces où les jeunes se retrouvent, s’expriment et poursuivent leurs ambitions peuvent aussi devenir des lieux de prévention et de changement social. Elle illustre également le rôle déterminant que les jeunes peuvent jouer pour informer leurs pairs et porter le changement au sein de leurs communautés. Ipas reconnaît en effet les jeunes comme des défenseurs et défenseuses de leur santé et de leurs droits, capables notamment d’agir comme éducateurs et éducatrices auprès de leurs pairs.

 

La délégation canadienne

Des obstacles qui dépassent la piste

Pour de nombreuses filles, pratiquer un sport ne consiste pas seulement à s’entraîner ou à participer à une compétition. Il faut parfois aussi surmonter les préjugés, les remarques sexistes et les attentes sociales qui cherchent encore à définir ce qu’une fille peut faire, les espaces qu’elle peut occuper ou les ambitions qu’elle peut poursuivre.

Ces obstacles ne sont pas vécus de la même manière par toutes. Le genre peut se combiner à l’âge, au handicap, aux difficultés économiques ou au lieu de résidence, et rendre encore plus difficile l’accès au sport, à l’information et aux services de santé. Certaines filles doivent ainsi franchir plusieurs barrières avant même d’atteindre la ligne de départ.

Le sport peut refléter ces inégalités, mais il peut aussi contribuer à les remettre en question. En prenant leur place sur la piste, les filles affirment leur capacité à développer leurs talents, à poursuivre leurs ambitions et à décider de la direction qu’elles souhaitent donner à leur vie.  

L’expérience de l’athlète Linda Kanku en témoigne. Lors de courses de longue distance, elle a entendu des propos lui demandant de « rester à la maison » ou d’aller « faire la cuisine ». Ces paroles illustrent la manière dont les stéréotypes peuvent fragiliser la confiance des filles et limiter leurs aspirations. Elles rappellent aussi la nécessité d’impliquer les familles, les encadreurs et encadreuses sportives, les communautés et le public dans la création d’environnements plus sûrs, respectueux et inclusifs.

« Lorsqu’une fille choisit de faire du sport, elle ne défie pas la société : elle développe son talent, sa santé, sa confiance et son avenir. »

a dit Linda Kanku.

Les femmes en RDC

Le sport comme espace de confiance et de choix

Sur la piste, les filles apprennent à connaître leurs capacités, à repousser leurs limites et à croire en leur potentiel. Cette confiance peut également les aider à faire entendre leur voix, à défendre leurs choix et à résister aux pressions qui cherchent à décider à leur place.

Mais cette confiance ne suffit pas si elles ne disposent pas d’informations fiables et de services adaptés. Leur permettre de prendre des décisions concernant leur santé et leur avenir nécessite également de prévenir les violences, de combattre les discriminations et de faciliter l’accès à une information claire sur la santé sexuelle et reproductive.

À travers les sensibilisations menées pendant la compétition, les jeunes mobilisés au sein de l’organisation ont échangé avec les participantes et participants sur les différentes formes que peuvent prendre les violences basées sur le genre. Celles-ci peuvent être physiques, mais aussi verbales, psychologiques ou sociales, notamment à travers les humiliations, les intimidations et les préjugés qui éloignent certaines filles des espaces sportifs.

L’équipe a également animé des discussions sur la planification familiale. L’accès à une information fiable sur les méthodes contraceptives et à des services adaptés peut aider les jeunes à protéger leur santé, à prévenir les grossesses non désirées et à poursuivre leurs études, leur entraînement et leurs projets de vie. Par ces échanges, les membres de Youth Sprint ont rapproché les jeunes de ressources utiles tout en contribuant à lever les tabous entourant la santé sexuelle et reproductive.

En animant ces discussions, les jeunes de Youth Sprint ne se contentaient pas de transmettre des messages à leurs pairs. Ils contribuaient à créer un espace où les jeunes pouvaient poser des questions, mieux connaître leurs droits et réfléchir aux choix qui influencent leur santé et leur avenir.

Groupe de personnes en RDC

Créer des espaces où chaque fille peut avancer

Associer la prévention des violences basées sur le genre à la planification familiale permet d’agir à la fois sur la sécurité, la santé et la capacité des jeunes à faire leurs propres choix. Une jeune sportive informée, soutenue et protégée dispose de meilleures conditions pour poursuivre ses objectifs et exprimer pleinement son potentiel.

Cette responsabilité ne doit toutefois pas reposer uniquement sur les filles. Les familles, les encadreurs et encadreuses sportives, les fédérations, les communautés et les institutions ont toutes un rôle à jouer pour faire du sport un environnement dans lequel aucune jeune personne n’est exclue, humiliée ou exposée à la violence.

À travers la 5e Coupe du Congo de Roller Sports, les activités de sensibilisation conduites par les jeunes de Youth Sprint, avec l’appui d’Ipas RDC et en collaboration avec le ministère des Sports et la FECOROLS, ont montré que le sport peut être bien plus qu’une compétition. Il peut devenir un espace où les filles renforcent leur confiance, découvrent leurs droits et trouvent les ressources nécessaires pour protéger leur santé et poursuivre leurs ambitions.

Sur la piste comme dans la vie, chaque fille doit pouvoir avancer à son rythme, faire ses propres choix et construire son avenir sans violence, discrimination ni obstacle.

 

Groupe de personnes en RDC

Rédigé par Lusangi Mankesi Bernetelle, stagiaire à Ipas RDC et membre de la coalition Youth Sprint