Au Burundi, les questions de santé reproductive restent encore entourées de tabous, de préjugés et parfois de fausses informations. Pour contribuer à changer cette réalité, des journalistes de la presse audiovisuelle et en ligne ainsi que des communicateurs (Influenceurs) ont créé l’Alliance des Journalistes et Communicateurs pour la Santé Reproductive (AJC-SR).
L’initiative part d’un constat : l’accès à une information fiable, vérifiée, équilibrée et fondée sur des données est essentiel pour permettre aux citoyens de faire des choix éclairés. Or, les sujets liés à la santé reproductive restent encore insuffisamment couverts ou sont parfois traités à travers des stéréotypes et des informations non vérifiées.
À travers cette alliance, les professionnels des médias et les influenceurs veulent mettre leurs compétences au service d’une meilleure information du public.
Informer autrement sur la santé reproductive
Les journalistes ont un rôle central à jouer : reportages, interviews, enquêtes, émissions ou contenus numériques. Ces rôles peuvent permettre d’expliquer les enjeux de la SR, de donner la parole aux personnes concernées et de rapprocher le public des sources d’information sûres et crédibles.
Les influenceurs, de leur côté, peuvent contribuer à vulgariser ces informations et à les rendre accessibles à différents publics, grâce à des formats et des messages adaptés.
Cette complémentarité doit également contribuer à lutter contre les rumeurs, la désinformation et les fausses informations qui circulent autour de la santé reproductive.
Les jeunes et les femmes au cœur de l’attention
L’AJC-SR accorde une attention particulière aux femmes, aux filles et aux jeunes, qui figurent au cœur de sa vision.
Pour les jeunes, l’accès à une information fiable est particulièrement important face aux nombreuses interrogations liées au corps, à la puberté et à la santé reproductive. En l’absence de sources crédibles, les mythes et les fausses informations peuvent facilement prendre le dessus.
Pour les femmes et les filles, une meilleure information peut également contribuer à une meilleure compréhension des questions liées à leur santé reproductive et à leurs choix en matière de santé.
Il s’agit donc de mieux informer, mais aussi de faire davantage entendre les réalités et les préoccupations de ces publics.
Briser les tabous par une information responsable
L’Alliance entend également contribuer à déconstruire les tabous qui entourent la SR.
Parler des sujets en rapport avec la santé reproductive comme les menstruations, la contraception, la fertilité, les infections sexuellement transmissibles, les grossesses non désirées et les violences sexuelles reste parfois difficile. Pourtant, le silence peut laisser davantage de place aux rumeurs.
Déconstruire les tabous ne signifie pas banaliser ces sujets. Il s’agit de créer un espace médiatique où ils peuvent être abordés avec rigueur, respect et éthique, sur la base d’informations vérifiées.
Une alliance pour renforcer la qualité de l’information
L’AJC-SR entend notamment renforcer les capacités des journalistes et communicateurs, faciliter leur accès aux sources fiables, encourager la production de contenus innovants et promouvoir un plaidoyer médiatique responsable sur la SR.
Elle veut également favoriser le partage d’expériences entre ses membres et développer des partenariats avec les institutions publiques, les organisations de la société civile, les universités, les partenaires techniques et financiers ainsi que les médias.
À travers cette initiative, AJC-SR veut ainsi faire de l’information un véritable outil de prévention, et de compréhension.
L’ambition est de contribuer à un environnement médiatique burundais où la santé reproductive est traitée avec professionnalisme, dignité et sans stigmatisation. Le rôle de l’AJC-SR va permettre à chacun d’accéder à une information crédible et de faire des choix éclairés.
Par Linda BUSHASHA ,Coordinatrice de l’Association des Journalistes et Communicateurs pour la Santé Re^productive (AJC-RH)



