Du 4 au 7 août 2026, des organisations de jeunes engagées dans la santé sexuelle et reproductive se sont réunies au Zion Hôtel, à Bujumbura, pour poser les bases de YouthSprint Burundi. Cette création marque la première extension du mouvement au-delà de la République démocratique du Congo et ouvre une nouvelle étape de collaboration régionale portée par les jeunes.
Au Burundi, les adolescentes et les jeunes occupent une place centrale dans les ambitions de développement du pays. Pourtant, leur accès à une information fiable et à des services de santé reproductive adaptés reste confronté à plusieurs obstacles, notamment la stigmatisation, le manque d’information, les normes socioculturelles et l’insuffisance de services répondant à leurs besoins spécifiques. Ces difficultés peuvent être encore plus marquées pour les jeunes en situation de handicap.
Dans ce contexte, la participation active des jeunes ne constitue pas seulement un principe d’inclusion. Elle est essentielle pour concevoir des réponses qui correspondent à leurs réalités, renforcer leur capacité à faire des choix éclairés et favoriser des services respectueux, accessibles et sans jugement. La création de YouthSprint Burundi répond à cette nécessité en offrant aux jeunes un cadre collectif pour faire entendre leur voix et contribuer à l’amélioration de la santé reproductive dans leurs communautés.
Avec l’accompagnement d’Ipas Burundi, les participantes et participants ont travaillé à l’adaptation de l’expérience congolaise au contexte burundais. L’objectif n’est pas de reproduire un modèle à l’identique, mais de bâtir une plateforme durable, représentative et orientée vers l’action, où les jeunes définissent leurs priorités, coconstruisent des solutions et portent une voix collective dans les espaces de dialogue, de plaidoyer et de redevabilité.
Une coalition inclusive et ancrée dans les réalités nationales
Les discussions ont souligné l’importance de réunir des profils et des expériences diversifiés notamment des jeunes femmes, des jeunes en situation de handicap, des organisations communautaires et des jeunes issus de différentes provinces. Les membres ont aussi exprimé leur volonté de traduire les idées en actions concrètes, à travers un plan d’action commun et a des mécanismes de gouvernance clairement définis.
Les échanges ont également rappelé l’urgence d’innover. « Après 20 ans d’investissement dans la sante de la reproduction, qu’est-ce qu’on va faire différemment pour avoir des résultats différents ? », a demandé un participant. Cette réflexion invite la coalition à privilégier des approches conçues et portées par les jeunes, tout en restant alignée sur les priorités nationales.
Au terme des travaux, la devise « NDUWAGACIRO » a été retenue à l’unanimité. Elle traduit l’attachement de la coalition à la dignité, à l’intégrité, à la responsabilité et à l’engagement des jeunes. Les participants ont aussi rappelé que la réussite de YouthSprint Burundi dépendra de la cohésion entre les membres : « L’union fait la force. Si une personne lâche, il n’y aura plus de lien. »
De l’expérience de YouthSprint RDC à une dynamique régionale
La présentation de YouthSprint RDC a permis de replacer cette création dans une dynamique régionale. Lancée en 2021 avec l’appui d’Ipas RDC, la coalition congolaise est passée de 8 à 31 organisations membres réparties dans 16 provinces. Le Burundi devient ainsi le premier pays d’expansion du mouvement, ouvran la voie à un apprentissage Sud-Sud entre jeunes leaders, fondé sur le partage d’expériences et l’adaptation des bonnes pratiques aux réalités locales.
Pour le nouveau nœud burundais, les priorités sont claires : renforcer l’accès des jeunes à une information fiable, améliorer l’orientation vers des services adaptés, promouvoir une communication responsable et sécurisée, et consolider un réseau de jeunes capables d’influencer positivement les perceptions communautaires autour de la santé reproductive.
Pour Ipas Burundi, cet accompagnement s’inscrit dans une démarche de soutien au leadership des jeunes, au renforcement des capacités, au dialogue intergénérationnel, à l’apprentissage collectif et au plaidoyer en faveur de la santé reproductive , de l’égalité de genre et d’un meilleur accès des jeunes à une information de qualité.
« Au-delà de réunir les jeunes, cette rencontre vise à construire une plateforme durable, représentative et orientée vers l’action, capable de renforcer leur contribution aux priorités nationales en matière de santé de la reproduction »,
a souligné Jean-Claude Ndikumana, Directeur Programme d’Ipas Burundi,
Des bases solides pour passer à l’action
En clôturant l’atelier, les organisations membres ont validé les bases de la coalition, notamment ses textes de référence, son plan d’action et ses organes de gouvernance. Élue coordinatrice nationale de YouthSprint Burundi, Sarah Sayubu a salué la confiance placée en elle et appelé les membres à rester unis autour d’une vision commune.
« Cette responsabilité est avant tout un engagement collectif. Ensemble, nous devons faire de YouthSprint Burundi un espace où chaque jeune se sent représenté, écouté et capable de contribuer aux changements dont nos communautés ont besoin. »
dans son mot d’ouverture.
En tant que premier nœud pays du mouvement YouthSprint en dehors de la RDC, YouthSprint Burundi porte désormais une responsabilité stratégique : démontrer qu’un modèle de mobilisation des jeunes peut être adapté localement et transformé en actions concrètes, durables et mesurables.
Avec « NDUWAGACIRO » comme devise, YouthSprint Burundi affirme un message simple et fort : chaque jeune a de la valeur, chaque voix compte, et l’engagement collectif peut ouvrir la voie à une nouvelle génération de leadership régional en santé reproductive.
Rédigé par Linda Darlene Muhoze, Conseillère Politique et plaidoyer / Ipas Burundi


