Au Burundi, les normes sociales, la stigmatisation et la compréhension limitée du cadre juridique continuent d’entraver l’accès des femmes et des filles à l’information et aux soins de santé sexuelle et reproductive. Pour contribuer à faire évoluer cette situation, Ipas Burundi a accompagné 27 acteurs, principalement issus de la société civile, afin de renforcer leur capacité à défendre les droits reproductifs.

Le processus a commencé par des sessions de Clarification des valeurs et de transformation des attitudes (CVTA). Ces espaces participatifs ont permis aux participants d’examiner leurs perceptions de l’avortement, de reconnaître certains préjugés et de mieux comprendre les réalités vécues par les femmes et les filles.

Comme le dit un participant :

« Avant de participer aux ateliers, j’avais moi aussi des doutes et des préjugés sur l’avortement. […] Aujourd’hui, nous nous sentons mieux outillés pour porter un plaidoyer fondé sur les droits humains, même dans un environnement parfois hostile. »

VCAT session participant

La délégation canadienne

Cette évolution des attitudes a été complétée par une revue participative du cadre juridique burundais relatif à l’avortement thérapeutique. En analysant les textes existants et les difficultés liées à leur application, les participants ont renforcé leurs connaissances et leur capacité à formuler des arguments de plaidoyer fondés sur le droit.

Les résultats observés montrent les premiers effets de cette approche : 15 participants ont renforcé leur connaissance des indications légales, 12 ont exprimé des positions moins stigmatisantes et 8 se sont engagés dans des initiatives de plaidoyer.

Ces changements individuels ont ensuite nourri un dialogue national réunissant des représentants de la société civile, de la santé, de la justice, des droits humains, du genre et des organismes internationaux. Mieux préparés et disposant d’un langage commun, les participants ont pu contribuer à l’élaboration d’une feuille de route destinée à renforcer la durabilité des droits et de la santé sexuelle et reproductive au Burundi.

La réussite de cette initiative ne réside donc pas uniquement dans le nombre de personnes accompagnées. Elle se mesure surtout à leur capacité renforcée à remettre en question les discours stigmatisants, à participer aux espaces de décision et à mobiliser leurs connaissances pour faire progresser les droits reproductifs.

En investissant dans les connaissances, les attitudes et le leadership de la société civile, Ipas Burundi contribue à poser les bases d’un environnement plus favorable aux droits et à la santé des femmes et des filles. Les 27 acteurs accompagnés peuvent désormais devenir des relais du changement dans leurs organisations, leurs secteurs et leurs communautés.