Ipas BURUNDI : une alliance médiatique pour une information fiable sur la santé reproductive

Ipas BURUNDI : une alliance médiatique pour une information fiable sur la santé reproductive

Au Burundi, les questions de santé reproductive restent encore entourées de tabous, de préjugés et parfois de fausses informations. Pour contribuer à changer cette réalité, des journalistes de la presse audiovisuelle et en ligne ainsi que des communicateurs (Influenceurs) ont créé l’Alliance des Journalistes et Communicateurs pour la Santé Reproductive (AJC-SR).

L’initiative part d’un constat : l’accès à une information fiable, vérifiée, équilibrée et fondée sur des données est essentiel pour permettre aux citoyens de faire des choix éclairés. Or, les sujets liés à la santé reproductive restent encore insuffisamment couverts ou sont parfois traités à travers des stéréotypes et des informations non vérifiées.

À travers cette alliance, les professionnels des médias et les influenceurs veulent mettre leurs compétences au service d’une meilleure information du public.

La délégation canadienne

Informer autrement sur la santé reproductive

Les journalistes ont un rôle central à jouer : reportages, interviews, enquêtes, émissions ou contenus numériques. Ces rôles peuvent permettre d’expliquer les enjeux de la SR, de donner la parole aux personnes concernées et de rapprocher le public des sources d’information sûres et crédibles.

Les influenceurs, de leur côté, peuvent contribuer à vulgariser ces informations et à les rendre accessibles à différents publics, grâce à des formats et des messages adaptés.

Cette complémentarité doit également contribuer à lutter contre les rumeurs, la désinformation et les fausses informations qui circulent autour de la santé reproductive.

Les jeunes et les femmes au cœur de l’attention

L’AJC-SR accorde une attention particulière aux femmes, aux filles et aux jeunes, qui figurent au cœur de sa vision.

Pour les jeunes, l’accès à une information fiable est particulièrement important face aux nombreuses interrogations liées au corps, à la puberté et à la santé reproductive. En l’absence de sources crédibles, les mythes et les fausses informations peuvent facilement prendre le dessus.

Pour les femmes et les filles, une meilleure information peut également contribuer à une meilleure compréhension des questions liées à leur santé reproductive et à leurs choix en matière de santé.

Il s’agit donc de mieux informer, mais aussi de faire davantage entendre les réalités et les préoccupations de ces publics.

Groupe de personnes en RDC

Briser les tabous par une information responsable

L’Alliance entend également contribuer à déconstruire les tabous qui entourent la SR.

Parler des sujets en rapport avec la santé reproductive comme les menstruations, la contraception, la fertilité, les infections sexuellement transmissibles, les grossesses non désirées et les violences sexuelles reste parfois difficile. Pourtant, le silence peut laisser davantage de place aux rumeurs.

Déconstruire les tabous ne signifie pas banaliser ces sujets. Il s’agit de créer un espace médiatique où ils peuvent être abordés avec rigueur, respect et éthique, sur la base d’informations vérifiées.

Groupe de personnes en RDC

Une alliance pour renforcer la qualité de l’information

L’AJC-SR entend notamment renforcer les capacités des journalistes et communicateurs, faciliter leur accès aux sources fiables, encourager la production de contenus innovants et promouvoir un plaidoyer médiatique responsable sur la SR.

Elle veut également favoriser le partage d’expériences entre ses membres et développer des partenariats avec les institutions publiques, les organisations de la société civile, les universités, les partenaires techniques et financiers ainsi que les médias.

À travers cette initiative, AJC-SR veut ainsi faire de l’information un véritable outil de prévention, et de compréhension.

L’ambition est de contribuer à un environnement médiatique burundais où la santé reproductive est traitée avec professionnalisme, dignité et sans stigmatisation. Le rôle de l’AJC-SR va permettre à chacun d’accéder à une information crédible et de faire des choix éclairés.

Par Linda BUSHASHA ,Coordinatrice de l’Association des Journalistes et Communicateurs pour la Santé Re^productive (AJC-RH)

Sur la piste et dans la vie, les filles ont le droit de choisir leur avenir

Sur la piste et dans la vie, les filles ont le droit de choisir leur avenir

Lors de la 5e Coupe du Congo de Roller Sports, une organisation de jeunes a fait du sport un espace de dialogue sur les violences basées sur le genre, la planification familiale et la capacité des filles et des jeunes femmes à faire leurs propres choix.

Du 28 au 30 août 2026, le Stade des Martyrs a accueilli la 5e Coupe du Congo de Roller Sports. Pour la troisième fois, Ipas RDC a appuyé cette compétition organisée avec le soutien du ministère des Sports, à travers la Fédération congolaise de roller sports, FECOROLS.

Dans le cadre de cette compétition, Youth Sprint, une organisation de jeunes, a mené avec l’appui d’Ipas RDC des activités de sensibilisation sur les violences basées sur le genre et la planification familiale. En allant directement à la rencontre des athlètes, des jeunes et du public, ses membres ont créé un espace d’information, d’écoute et de dialogue sur la santé et les droits sexuels et reproductifs.

Cette initiative repose sur une conviction simple : les espaces où les jeunes se retrouvent, s’expriment et poursuivent leurs ambitions peuvent aussi devenir des lieux de prévention et de changement social. Elle illustre également le rôle déterminant que les jeunes peuvent jouer pour informer leurs pairs et porter le changement au sein de leurs communautés. Ipas reconnaît en effet les jeunes comme des défenseurs et défenseuses de leur santé et de leurs droits, capables notamment d’agir comme éducateurs et éducatrices auprès de leurs pairs.

 

La délégation canadienne

Des obstacles qui dépassent la piste

Pour de nombreuses filles, pratiquer un sport ne consiste pas seulement à s’entraîner ou à participer à une compétition. Il faut parfois aussi surmonter les préjugés, les remarques sexistes et les attentes sociales qui cherchent encore à définir ce qu’une fille peut faire, les espaces qu’elle peut occuper ou les ambitions qu’elle peut poursuivre.

Ces obstacles ne sont pas vécus de la même manière par toutes. Le genre peut se combiner à l’âge, au handicap, aux difficultés économiques ou au lieu de résidence, et rendre encore plus difficile l’accès au sport, à l’information et aux services de santé. Certaines filles doivent ainsi franchir plusieurs barrières avant même d’atteindre la ligne de départ.

Le sport peut refléter ces inégalités, mais il peut aussi contribuer à les remettre en question. En prenant leur place sur la piste, les filles affirment leur capacité à développer leurs talents, à poursuivre leurs ambitions et à décider de la direction qu’elles souhaitent donner à leur vie.  

L’expérience de l’athlète Linda Kanku en témoigne. Lors de courses de longue distance, elle a entendu des propos lui demandant de « rester à la maison » ou d’aller « faire la cuisine ». Ces paroles illustrent la manière dont les stéréotypes peuvent fragiliser la confiance des filles et limiter leurs aspirations. Elles rappellent aussi la nécessité d’impliquer les familles, les encadreurs et encadreuses sportives, les communautés et le public dans la création d’environnements plus sûrs, respectueux et inclusifs.

« Lorsqu’une fille choisit de faire du sport, elle ne défie pas la société : elle développe son talent, sa santé, sa confiance et son avenir. »

a dit Linda Kanku.

Les femmes en RDC

Le sport comme espace de confiance et de choix

Sur la piste, les filles apprennent à connaître leurs capacités, à repousser leurs limites et à croire en leur potentiel. Cette confiance peut également les aider à faire entendre leur voix, à défendre leurs choix et à résister aux pressions qui cherchent à décider à leur place.

Mais cette confiance ne suffit pas si elles ne disposent pas d’informations fiables et de services adaptés. Leur permettre de prendre des décisions concernant leur santé et leur avenir nécessite également de prévenir les violences, de combattre les discriminations et de faciliter l’accès à une information claire sur la santé sexuelle et reproductive.

À travers les sensibilisations menées pendant la compétition, les jeunes mobilisés au sein de l’organisation ont échangé avec les participantes et participants sur les différentes formes que peuvent prendre les violences basées sur le genre. Celles-ci peuvent être physiques, mais aussi verbales, psychologiques ou sociales, notamment à travers les humiliations, les intimidations et les préjugés qui éloignent certaines filles des espaces sportifs.

L’équipe a également animé des discussions sur la planification familiale. L’accès à une information fiable sur les méthodes contraceptives et à des services adaptés peut aider les jeunes à protéger leur santé, à prévenir les grossesses non désirées et à poursuivre leurs études, leur entraînement et leurs projets de vie. Par ces échanges, les membres de Youth Sprint ont rapproché les jeunes de ressources utiles tout en contribuant à lever les tabous entourant la santé sexuelle et reproductive.

En animant ces discussions, les jeunes de Youth Sprint ne se contentaient pas de transmettre des messages à leurs pairs. Ils contribuaient à créer un espace où les jeunes pouvaient poser des questions, mieux connaître leurs droits et réfléchir aux choix qui influencent leur santé et leur avenir.

Groupe de personnes en RDC

Créer des espaces où chaque fille peut avancer

Associer la prévention des violences basées sur le genre à la planification familiale permet d’agir à la fois sur la sécurité, la santé et la capacité des jeunes à faire leurs propres choix. Une jeune sportive informée, soutenue et protégée dispose de meilleures conditions pour poursuivre ses objectifs et exprimer pleinement son potentiel.

Cette responsabilité ne doit toutefois pas reposer uniquement sur les filles. Les familles, les encadreurs et encadreuses sportives, les fédérations, les communautés et les institutions ont toutes un rôle à jouer pour faire du sport un environnement dans lequel aucune jeune personne n’est exclue, humiliée ou exposée à la violence.

À travers la 5e Coupe du Congo de Roller Sports, les activités de sensibilisation conduites par les jeunes de Youth Sprint, avec l’appui d’Ipas RDC et en collaboration avec le ministère des Sports et la FECOROLS, ont montré que le sport peut être bien plus qu’une compétition. Il peut devenir un espace où les filles renforcent leur confiance, découvrent leurs droits et trouvent les ressources nécessaires pour protéger leur santé et poursuivre leurs ambitions.

Sur la piste comme dans la vie, chaque fille doit pouvoir avancer à son rythme, faire ses propres choix et construire son avenir sans violence, discrimination ni obstacle.

 

Groupe de personnes en RDC

Rédigé par Lusangi Mankesi Bernetelle, stagiaire à Ipas RDC et membre de la coalition Youth Sprint

Une coalition inclusive et ancrée dans les réalités nationales

Une coalition inclusive et ancrée dans les réalités nationales

Du 4 au 7 août 2026, des organisations de jeunes engagées dans la santé sexuelle et reproductive se sont réunies au Zion Hôtel, à Bujumbura, pour poser les bases de YouthSprint Burundi. Cette création marque la première extension du mouvement au-delà de la République démocratique du Congo et ouvre une nouvelle étape de collaboration régionale portée par les jeunes.  

Au Burundi, les adolescentes et les jeunes occupent une place centrale dans les ambitions de développement du pays. Pourtant, leur accès à une information fiable et à des services de santé reproductive adaptés reste confronté à plusieurs obstacles, notamment la stigmatisation, le manque d’information, les normes socioculturelles et l’insuffisance de services répondant à leurs besoins spécifiques. Ces difficultés peuvent être encore plus marquées pour les jeunes en situation de handicap.

Dans ce contexte, la participation active des jeunes ne constitue pas seulement un principe d’inclusion. Elle est essentielle pour concevoir des réponses qui correspondent à leurs réalités, renforcer leur capacité à faire des choix éclairés et favoriser des services respectueux, accessibles et sans jugement. La création de YouthSprint Burundi répond à cette nécessité en offrant aux jeunes un cadre collectif pour faire entendre leur voix et contribuer à l’amélioration de la santé reproductive dans leurs communautés.

Avec l’accompagnement d’Ipas Burundi, les participantes et participants ont travaillé à l’adaptation de l’expérience congolaise au contexte burundais. L’objectif n’est pas de reproduire un modèle à l’identique, mais de bâtir une plateforme durable, représentative et orientée vers l’action, où les jeunes définissent leurs priorités, coconstruisent des solutions et portent une voix collective dans les espaces de dialogue, de plaidoyer et de redevabilité.

La délégation canadienne

Une coalition inclusive et ancrée dans les réalités nationales

Les discussions ont souligné l’importance de réunir des profils et des expériences diversifiés notamment des jeunes femmes, des jeunes en situation de handicap, des organisations communautaires et des jeunes issus de différentes provinces. Les membres ont aussi exprimé leur volonté de traduire les idées en actions concrètes, à travers un plan d’action commun et a des mécanismes de gouvernance clairement définis.

Les échanges ont également rappelé l’urgence d’innover. « Après 20 ans d’investissement dans la sante de la reproduction, qu’est-ce qu’on va faire différemment pour avoir des résultats différents ? », a demandé un participant. Cette réflexion invite la coalition à privilégier des approches conçues et portées par les jeunes, tout en restant alignée sur les priorités nationales.

Au terme des travaux, la devise « NDUWAGACIRO » a été retenue à l’unanimité. Elle traduit l’attachement de la coalition à la dignité, à l’intégrité, à la responsabilité et à l’engagement des jeunes. Les participants ont aussi rappelé que la réussite de YouthSprint Burundi dépendra de la cohésion entre les membres : « L’union fait la force. Si une personne lâche, il n’y aura plus de lien. »

De l’expérience de YouthSprint RDC à une dynamique régionale

La présentation de YouthSprint RDC a permis de replacer cette création dans une dynamique régionale. Lancée en 2021 avec l’appui d’Ipas RDC, la coalition congolaise est passée de 8 à 31 organisations membres réparties dans 16 provinces. Le Burundi devient ainsi le premier pays d’expansion du mouvement, ouvran la voie à un apprentissage Sud-Sud entre jeunes leaders, fondé sur le partage d’expériences et l’adaptation des bonnes pratiques aux réalités locales.

Pour le nouveau nœud burundais, les priorités sont claires : renforcer l’accès des jeunes à une information fiable, améliorer l’orientation vers des services adaptés, promouvoir une communication responsable et sécurisée, et consolider un réseau de jeunes capables d’influencer positivement les perceptions communautaires autour de la santé reproductive.

Pour Ipas Burundi, cet accompagnement s’inscrit dans une démarche de soutien au leadership des jeunes, au renforcement des capacités, au dialogue intergénérationnel, à l’apprentissage collectif et au plaidoyer en faveur de la santé reproductive , de l’égalité de genre et d’un meilleur accès des jeunes à une information de qualité.

Les femmes en RDC

« Au-delà de réunir les jeunes, cette rencontre vise à construire une plateforme durable, représentative et orientée vers l’action, capable de renforcer leur contribution aux priorités nationales en matière de santé de la reproduction »,

a souligné Jean-Claude Ndikumana, Directeur Programme d’Ipas Burundi,

Des bases solides pour passer à l’action

En clôturant l’atelier, les organisations membres ont validé les bases de la coalition, notamment ses textes de référence, son plan d’action et ses organes de gouvernance. Élue coordinatrice nationale de YouthSprint Burundi, Sarah Sayubu a salué la confiance placée en elle et appelé les membres à rester unis autour d’une vision commune.

« Cette responsabilité est avant tout un engagement collectif. Ensemble, nous devons faire de YouthSprint Burundi un espace où chaque jeune se sent représenté, écouté et capable de contribuer aux changements dont nos communautés ont besoin. » 

Un membre de la délégation canadienne

dans son mot d’ouverture.

En tant que premier nœud pays du mouvement YouthSprint en dehors de la RDC, YouthSprint Burundi porte désormais une responsabilité stratégique : démontrer qu’un modèle de mobilisation des jeunes peut être adapté localement et transformé en actions concrètes, durables et mesurables.

Avec « NDUWAGACIRO » comme devise, YouthSprint Burundi affirme un message simple et fort : chaque jeune a de la valeur, chaque voix compte, et l’engagement collectif peut ouvrir la voie à une nouvelle génération de leadership régional en santé reproductive.

Groupe de personnes en RDC

Rédigé par Linda Darlene Muhoze, Conseillère Politique et plaidoyer / Ipas Burundi

Validation du plan d’action CTS : Interventions intégrées et coordonnées pour le bien-être des adolescentes

Validation du plan d’action CTS : Interventions intégrées et coordonnées pour le bien-être des adolescentes

En République démocratique du Congo, la province du Kasaï fait face à de graves défis en matière de respect des droits des filles. Les pratiques néfastes telles que les mariages précoces, les grossesses non désirées et les violences basées sur le genre demeurent profondément ancrées dans les communautés, avec des conséquences sévères sur la vie, la santé et l’avenir des jeunes filles.

Le manque d’accès à une information fiable sur la santé sexuelle et reproductive, ainsi qu’à des méthodes contraceptives adaptées, favorise la survenue de grossesses précoces. Celles-ci perturbent leur parcours éducatif, augmentent les risques de complications physiques et psychologiques et réduisent leur autonomie dans la prise de décision.

Selon l’enquête MICS 2017‑2018, près de 54 % des femmes de 20 à 24 ans dans la province du Kasaï ont été mariées avant l’âge de 18 ans, contre 29 % au niveau national. Entre 2021 et 2024, la province a enregistré 425 cas de mariages précoces, touchant principalement des adolescentes âgées de 15 à 17 ans. Ces statistiques témoignent d’une situation alarmante, caractérisée par la persistance des mariages d’enfants, la hausse des grossesses adolescentes et un taux élevé d’abandon scolaire, compromettant sérieusement les perspectives d’avenir des jeunes filles du Kasaï.

Face à cette situation, les autorités provinciales du Kasaï ont mis en place le Plan d’action CTS (Child Marriage, Teen Pregnancy, School Dropout), en collaboration avec Ipas RDC, avec l’appui financier de l’agence norvégienne de coopération et de développement (NORAD). Ce plan d’action constitue un outil stratégique et opérationnel, destiné à coordonner les interventions multisectorielles et à offrir une réponse durable aux défis rencontrés par les adolescentes.

Femme portant des boissons sur sa tête.

Un processus participatif et inclusif

Le processus a débuté par un atelier technique restreint, réunissant des experts des secteurs de la santé, de l’éducation et du ministère provincial du Genre. Les participants ont ensuite été répartis en six groupes correspondant aux axes stratégiques du plan, afin d’enrichir l’ébauche initiale. Les recommandations ont été discutées en plénière et intégrées dans la version finale.

Un atelier élargi de validation a ensuite rassemblé une diversité d’acteurs : société civile, autorités locales, forces de sécurité, élèves et autorités scolaires. Cette étape a permis de garantir une appropriation locale et de renforcer l’engagement collectif autour de la lutte contre les mariages précoces, les grossesses adolescentes et l’abandon scolaire.

Femme portant des boissons sur sa tête.

La validation officielle

L’aboutissement de ce processus a été marqué par la validation officielle du Plan d’action CTS par Son Excellence Madame Alphonsine BUNDU LUZANGA, Ministre provinciale du Genre, Famille et Enfant. Dans son allocution, elle a insisté sur l’urgence d’une action concertée :

« Chaque jour d’inaction condamne inexorablement des centaines de jeunes filles à un avenir compromis par les mariages précoces, les grossesses non désirées et l’abandon scolaire. »

Son leadership envoie un signal fort de la volonté politique de faire progresser l’égalité des sexes et de défendre les droits des filles dans toute la province.

Six axes pour transformer la vie des adolescentes

Le Plan d’action CTS s’articule autour de six axes stratégiques qui s’attaquent collectivement aux causes profondes et aux conséquences du mariage des enfants et de la grossesse des adolescentes :

  • Transformation des normes sociales néfastes : campagnes de sensibilisation et promotion de modèles positifs.
  • Maintien et retour des filles à l’école : prévention du décrochage et réinsertion des filles déscolarisées.
  • Accès aux services DSSR : amélioration de l’accès à des services adaptés, confidentiels et de qualité.
  • Engagement des parents et leaders communautaires : implication des familles et leaders dans la prévention.
  • Autonomisation des adolescentes : renforcement des capacités, leadership et compétences économiques.
  • Renforcement des mécanismes de protection : systèmes de signalement et application des lois de protection.
Femme portant des boissons sur sa tête.

Ces axes reflètent une approche holistique qui met l’accent sur la voix des filles, le soutien de la communauté et le renforcement des systèmes provinciaux.

Femme portant des boissons sur sa tête.
Femme portant des boissons sur sa tête.

Dans le cadre de la mise en œuvre du plan, les ministères provinciaux du Genre, Famille & Enfant et de l’Education avec l’appui technique et financier de Ipas organiseront diverses activités visant à favoriser le maintien des élèves à l’école. Le plan d’action prévoit notamment des campagnes de sensibilisation dans les établissements scolaires, ainsi que la création et la redynamisation des clubs scolaires dédiés à la santé sexuelle et reproductive (DSSR).

Ces espaces offriront aux jeunes l’opportunité de s’exprimer librement, de renforcer leurs connaissances en matière de santé sexuelle et reproductive, et de développer des compétences en leadership. L’objectif est de les préparer à devenir des acteurs de changement, capables d’influencer positivement leurs communautés et de promouvoir un environnement scolaire inclusif et protecteur.

Ipas RDC dirige un consortium visant à améliorer l’accès à l’information sur les droits sexuels et génésiques et aux soins complets en matière d’avortement.

Ipas RDC dirige un consortium visant à améliorer l’accès à l’information sur les droits sexuels et génésiques et aux soins complets en matière d’avortement.

Ipas RDC a le plaisir d’annoncer la signature du contrat de partenariat entre l’Ambassade des Pays-Bas en RDC et un consortium dirigé par Ipas comprenant DKT RDC, MSI RDC, Youth Sprint, AFIA MAMA, (AFEAC) Association des femmes juristes, et l’Association des magistrats.

Ce partenariat de deux ans vise à améliorer l’accès à l’information sur la santé et les droits sexuels et reproductifs (SRHR) et aux services de soins complets en matière d’avortement (CAC) dans les provinces de Kinshasa et de la Tshopo. Le consortium s’efforcera également de renforcer la capacité du système judiciaire à garantir l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive, y compris les services d’avortement, afin de permettre aux femmes d’exercer leurs droits dans toute la mesure permise par la loi.

De nombreux facteurs tels que l’insécurité alimentaire, le manque d’accès à l’éducation, la violence sexiste et l’insuffisance des infrastructures de santé ont contribué à la fragilité du système de santé et ont affecté l’accès et l’utilisation des services de santé sexuelle et génésique. C’est pourquoi, à travers ce nouveau projet, nous voulons contribuer à la construction d’un écosystème durable de l’avortement en améliorant l’accès à des informations SDSR fondées sur des preuves et à des services de CAC de qualité, qui sont essentiels pour faire progresser l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes en RDC ».

Naomie Kadima

Conseiller en politique et en développement des entreprises, Ipas

Ce consortium reflète non seulement l’engagement d’Ipas à jouer un rôle actif pour apporter un changement et un développement durables dans la région, mais aussi l’expertise requise pour mener à bien la mission qui nous a été confiée. Conformément aux objectifs de l’Ipas, le consortium s’efforcera d’améliorer la disponibilité et la qualité des soins liés à l’avortement pour les femmes et les jeunes filles et de les maintenir grâce à un système de santé renforcé, y compris un réseau de pharmaciens et des initiatives de télémédecine, à Kinshasa et dans la Tshopo. En outre, nous nous efforcerons d’améliorer et de maintenir le soutien social de la communauté et le soutien du système judiciaire local à l’autonomie corporelle des femmes et à l’accès à des soins d’avortement sûrs.

Depuis cinq ans, Ipas RDC soutient les partenaires communautaires pour les sensibiliser au protocole de Maputo et partager des informations sur les endroits où les femmes peuvent accéder à des services d’avortement et de contraception sûrs. En tant qu’élément clé de son approche, Ipas collaborera avec Youth Sprint – une coalition nationale créée par Ipas et composée de 24 communautés et organisations dirigées par des jeunes à travers la RDC – et AFIA Mama, une organisation à but non lucratif dédiée à la promotion et à la défense des droits des femmes en RDC, à travers le prisme de l’arrêt de la violence de genre. Ces deux organisations locales mettront en place un soutien social communautaire pour les femmes et les jeunes filles qui demandent des services d’avortement.

Les réseaux de lutte contre la violence fondée sur le sexe, de planification familiale et de jeunesse sont des sources essentielles d’orientation vers des soins d’avortement sûrs. Youth Sprint est heureux de faire partie du consortium. Nous pensons que le fait de relier ce projet aux efforts locaux profitera aux femmes et aux jeunes filles qui ont été violées ou qui ont reçu un test de grossesse positif du centre de planning familial.
Benjamin Sabue

Gestionnaire de programme, Sprint des jeunes

Ipas RDC et le Canada s’associent pour assurer un accès durable aux soins de santé génésique en République démocratique du Congo

Ipas RDC et le Canada s’associent pour assurer un accès durable aux soins de santé génésique en République démocratique du Congo

L’accès à l’avortement et à la contraception sûrs et légaux améliore la santé des femmes et des jeunes filles et représente un droit humain fondamental. La possibilité de décider si et quand tomber enceinte est un symbole de justice reproductive et d’égalité des sexes.

En République démocratique du Congo (RDC), la publication du protocole de Maputo au journal officiel sera suivie d’autres étapes, telles que la publication d’une circulaire garantissant l’accès aux soins en matière d’avortement, conformément aux indications du protocole, et l’adhésion du ministère de la santé publique, en 2020, aux normes et directives évolutives relatives à l’application des lignes directrices du protocole. Toutes ces actions ont fait de la RDC le premier pays d’Afrique francophone à avoir mis en œuvre des changements profonds favorisant un accès plus large aux soins en matière d’avortement.

Cependant, malgré ces progrès et le cadre juridique autorisant l’avortement sans risque en RDC, les femmes et les filles sont souvent incapables d’accéder aux services dont elles ont besoin en raison des limites du système de santé, de normes sociales néfastes et d’un manque de connaissances en matière de santé et de droits sexuels et reproductifs (SRHR). En effet, la stigmatisation et l’accès limité aux informations et aux services de santé sexuelle et reproductive (SSR) exposent les femmes à des grossesses non désirées et à des méthodes d’avortement dangereuses. Les grossesses non désirées entraînent des taux élevés d’abandon des études secondaires et universitaires, et limitent l’employabilité et la progression de carrière des femmes.

C’est pourquoi, dans un effort pour promouvoir l’autonomie corporelle des femmes et des filles, Ipas RDC et Affaires mondiales Canada travaillent ensemble depuis 5 ans pour élargir l’accès à l’information sur les droits sexuels et reproductifs et aux soins d’avortement sûrs. Couvrant le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Katanga, le Tanganyika et Kinshasa, ce projet vise à améliorer la capacité des femmes à faire des choix sûrs en matière de procréation qui soutiennent leurs objectifs éducatifs et professionnels, contribuant ainsi à une plus grande égalité des sexes en RDC.

Les personnes ont bénéficié de services de santé sexuelle et reproductive

Les gens ont pris part à des activités de sensibilisation sur les questions de santé reproductive, notamment le protocole de Mapouto, l'existence de services d'avortement sûrs et de soins médicaux pour les survivants de la violence liée au sexe.

Points d'accès à l'avortement Ipas soutenus par la sélection et la formation du personnel de santé et la fourniture de pharmacies

Vers un meilleur accès à des services d’avortement sûrs et centrés sur la femme

Ipas RDC collabore avec le ministère de la santé, de l’hygiène et de la prévention pour améliorer l’accès des femmes et des jeunes filles de la RDC à des services d’avortement sûrs et centrés sur la femme. Au cœur de ce projet financé par le Canada se trouve la réhabilitation des établissements de santé, qui vise à renforcer la capacité technique des centres de santé publique à intégrer les services d’avortement et les soins aux victimes de violences sexuelles et sexistes (SGBV). En outre, pour améliorer la qualité des soins, Ipas RDC soutient le PNSR dans la formation et l’appui aux prestataires de soins de santé des secteurs public et privé pour offrir des soins en matière d’avortement.

Les femmes discutent des soins de santé

« La maternité de Kintambo, en collaboration avec les autorités sanitaires locales, sauve littéralement des vies. Les prestataires de soins de santé m’ont parlé d’une jeune fille qui avait été violée et qui pensait subir un avortement à risque jusqu’à ce qu’elle entende parler de cette clinique. Aujourd’hui, elle est en vie, en bonne santé et étudie à l’université. Voilà à quoi ressemble le soutien du Canada à la santé sexuelle et reproductive des femmes et des jeunes en RDC », déclare Anita Vandenbeld, secrétaire parlementaire de la ministre du Développement international du Canada, lors de sa visite en janvier 2024 au Centre d’excellence de la maternité de Kintambo, dans la ville-province de Kinshasa.

La délégation canadienne
Au cours de l’année écoulée, Ipas RDC a également travaillé avec des partenaires locaux, ainsi qu’avec le PNSR, pour fournir des soins de santé contre la violence sexiste et les infections sexuellement transmissibles, des soins complets en matière d’avortement et des services de contraception par le biais d’une clinique mobile dans le camp. Cette approche intégrée vise donc à fournir aux femmes et aux jeunes filles des camps de déplacés des soins de santé sexuelle et reproductive.
Un membre de la délégation canadienne
Dans le contexte humanitaire, de nombreuses femmes sont violées, c’est pourquoi la clinique mobile mise en place par Ipas RDC offre aux femmes et aux jeunes filles des soins de santé sexuelle et reproductive, y compris le planning familial, des services d’avortement sans risque et le traitement des infections sexuellement transmissibles », explique le Dr Mike Mpoyi, responsable du programme.
Femme portant des boissons sur sa tête.

Changer les normes sociales sur l’avortement

En RDC, les normes de genre désavantagent les femmes dans de nombreux aspects de leur vie, y compris l’expression de leurs droits, en particulier leurs droits sexuels et reproductifs, et leur droit à l’autonomie corporelle ; l’inégalité entre les sexes, exacerbée par la pauvreté et l’instabilité, encourage et normalise la violence à l’égard des femmes. En outre, la stigmatisation de l’avortement joue un rôle important. un rôle central dans le domaine social médicale médicale et juridique des soins liés à l’avortement, et est à l’origine du nombre élevé de décès et de séquelles évitables dus aux avortements pratiqués dans des conditions dangereuses en RDC.

Les femmes en RDC
Que ce soit dans la capitale Kinshasa ou dans les provinces, afin de réduire la stigmatisation entourant l’avortement et d’améliorer l’accès à des soins d’avortement sûrs, Ipas travaille non seulement avec le système de santé mais aussi avec la communauté par le biais d’organisations communautaires, en particulier des organisations dirigées par des jeunes et des femmes, afin de renforcer les voies d’orientation sanitaire pour l’avortement et les soins liés à la violence sexuelle et sexiste grâce à la formation d’agents de santé communautaires et d’éducateurs pour les pairs.
Comme l’a déclaré Anita Vandenbeld, « ces jeunes et ces membres de groupes vulnérables sont une véritable source d’inspiration ! Ils accomplissent un travail essentiel au sein des communautés pour améliorer l’accès aux services de santé sexuelle et génésique dans le cadre du projet Ipas RDC financé par le Canada ».

La délégation de l’ambassade du Canada en RDC a non seulement visité la clinique mobile mise en place par Ipas et des partenaires locaux, mais a également participé à des discussions éducatives sur la réduction de la stigmatisation entourant l’avortement dans le camp de personnes déplacées de Bulengo.

Groupe de personnes en RDC

Grâce à des dialogues communautaires et à des campagnes de sensibilisation menées par des organisations locales, Ipas RDC améliore l’accès à des informations fiables sur la santé sexuelle et génésique, favorise un dialogue ouvert et sensibilise les hommes à leur rôle dans la promotion des droits des femmes et des jeunes filles en matière de santé sexuelle et génésique. Ce point a également été abordé lors de la visite de la délégation canadienne, qui a rencontré des organisations de jeunes à Kinshasa et à Goma, où elle a discuté des difficultés rencontrées par les organisations du réseau YouthSprint pour faire avancer leur vision de l’autonomisation des femmes en matière de santé sexuelle et génésique. Celestine Buyibuyi, responsable de la participation communautaire pour la région orientale, déclare: « Il est impératif de populariser le protocole de Maputo. Une femme sur quatre est violée dans un camp de déplacés et la plupart d’entre elles se retrouvent avec des grossesses non désirées. Certaines d’entre elles ont recours à des avortements dangereux parce qu’elles ne connaissent pas leurs droits et craignent d’être rejetées par la communauté ».

Olivia Tran, agente de coopération « Après avoir participé aux dialogues communautaires impliquant des hommes et des femmes, je repars avec l’image de personnes ouvertes à la discussion, qui échangent des idées avec le désir de soutenir les femmes dans leurs décisions. La population congolaise peut compter sur le soutien indéfectible du Canada dans la fourniture de services de santé sexuelle et reproductive. »