Publication des normes et lignes directrices de la CAC

Publication des normes et lignes directrices de la CAC

Ipas RDC propose une nouvelle vision de la République démocratique du Congo (RDC) où chaque femme, indépendamment de sa classe sociale et ethnique, a le potentiel d’atteindre tous ses objectifs sociaux, culturels, économiques et politiques.

Ipas RDC travaille en collaboration avec des partenaires locaux pour éduquer toutes les parties prenantes pertinentes, y compris les femmes et les communautés, sur le droit nouvellement élargi des femmes à accéder à un avortement sûr.

En collaboration avec le ministère de la santé et des partenaires clés, nous avons contribué à l’élaboration de nouvelles normes et lignes directrices pour des soins complets en matière d’avortement qui s’alignent sur le protocole de Maputo et nous nous efforçons maintenant de veiller à leur mise en Å“uvre complète. Nous formons également les prestataires de soins de santé pour qu’ils puissent offrir des soins en matière d’avortement et de contraception, et nous nous associons aux organisations communautaires et aux agents de santé communautaires pour veiller à ce que les femmes et les jeunes filles aient accès à ces services.

20ème anniversaire du Protocole de Maputo

20ème anniversaire du Protocole de Maputo

Célébration du 20e anniversaire du protocole de Maputo : Changer la trajectoire des droits de la femme en RDC
Le Protocole de Maputo est un instrument juridique novateur, élaboré, signé et adopté par les États africains afin de protéger et de promouvoir les droits des femmes africaines, ce qui en fait un texte unique en son genre. Vingt ans après son adoption à Maputo, au Mozambique, la transposition du Protocole de Maputo en droit interne en République démocratique du Congo a été remarquable : de sa publication au Journal officiel en 2018 à l’élaboration de normes et de lignes directrices exhaustives en matière de soins liés à l’avortement, parmi bien d’autres avancées, les progrès réalisés à ce jour méritent d’être salués et sont porteurs d’espoir pour l’avenir des femmes congolaises.

Le 11 juillet 2023, sous l’égide du président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi, le ministère de l’Égalité des sexes a organisé une cérémonie historique pour marquer le 20e anniversaire du Protocole de Maputo. Cette célébration a réuni des acteurs clés tels que le ministre des Droits de l’Homme, le ministre de la Jeunesse, des représentants du ministère de la Santé, le chef de cabinet du président, le secrétaire permanent du Conseil supérieur de la magistrature, des parlementaires, l’ambassadeur du Canada et des représentants du corps diplomatique (Suède, Norvège, Allemagne, Pays-Bas et Royaume-Uni), les forces de police et l’armée, des organisations internationales, des médias sensibles à la dimension de genre, des chercheurs, des acteurs du monde juridique, des jeunes, des femmes, des organisations de la société civile et des responsables communautaires. L’objectif de cet événement était de célébrer et de reconnaître l’appropriation de cet instrument par le pays ainsi que les progrès réalisés au cours des vingt dernières années dans la transposition du Protocole de Maputo dans le droit national, de mettre en avant le travail novateur et les contributions des défenseurs de cette cause, et de réfléchir à l’avenir tout en discutant de solutions transposables à plus grande échelle, offrant des résultats durables qui renforcent les droits des femmes dans le pays et au-delà. « La forte mobilisation du gouvernement ainsi que de la présidence pour cette célébration est remarquable ; ces dirigeants ont coanimé des tables rondes et ont parlé sans détour de la responsabilité du gouvernement dans la création d’un environnement propice aux droits des femmes, y compris le droit à l’avortement », a déclaré Gisele Kapinga, Haut-Commissaire à la Commission nationale des droits de l’homme.

Ministres, directeur du cabinet du président, partenaires et donateurs

Les ministres, le directeur de cabinet du président, les partenaires et les donateurs. Cette célébration a été marquée par des déclarations fortes du gouvernement, des parlementaires, des leaders de la société civile et des principaux activistes des droits de la femme.

« Les femmes dans notre pays sont victimes de grandes injustices depuis leur naissance, le protocole de Maputo nous permet de nous attaquer à ces inégalités et de construire des solutions durables pour réparer ces injustices historiques » a déclaré S.E. Fabrice Mpuela, Ministre des Droits de l’Homme, alors qu’il co-présidait le panel d’ouverture avec le Ministre de la Jeunesse, le Directeur de Cabinet du Président de la RDC, et le Directeur Pays d’Ipas RDC.
« Le fait que les femmes se voient refuser l’accès à un avortement pratiqué dans des conditions sûres ne signifie pas qu’elles ne recourront pas à l’avortement ; cela signifie simplement qu’elles le feront dans des conditions dangereuses, au péril de leur vie », a déclaré la députée et présidente de la Commission permanente sur l’égalité des sexes, l’honorable Christelle Vuanga, qui a appelé toutes les parties prenantes, y compris celles du système de santé et du système judiciaire, à établir un dialogue et à travailler ensemble pour garantir que les femmes aient accès à un choix sûr sans craindre d’être emprisonnées.

L’étude sur l’impact de la transposition du Protocole de Maputo, menée par l’École de santé publique de l’Université de Kinshasa en collaboration avec l’Ipas et le ministère de la Santé, et présentée lors de cet événement, a mis en évidence les difficultés rencontrées dans sa mise en Å“uvre sur le terrain, notamment au sein des systèmes judiciaire et sanitaire.

Lors de son discours d’ouverture, S.E. Benoît-Pierre Laramée, Ambassadeur du Canada en République Démocratique du Congo, a déclaré : « Je suis convaincu que la pleine mise en Å“uvre de ce protocole renforcera l’autonomie corporelle des femmes et des filles en RDC, améliorera leur bien-être et leur autonomisation socio-économique ».
Ce message a été fermement soutenu par le secrétaire permanent du Conseil supérieur de la magistrature, qui a souligné que le système judiciaire avait pris toutes les mesures nécessaires pour garantir aux femmes l’accès à l’ensemble des dispositions du Protocole de Maputo, y compris les soins d’avortement en toute sécurité.

En réfléchissant aux prochaines étapes avec des organisations de la société civile telles que le Mouvement Youth Sprint, l’Association des femmes juristes et leurs partenaires (DKT, MSI et Ipas) sur ce que les vingt prochaines années réservent à l’avenir des femmes et des filles congolaises ; ces militantes ont appelé l’ensemble des parties prenantes et des bailleurs de fonds à accélérer la mise en œuvre intégrale du Protocole de Maputo en révisant le code pénal et toutes les autres lois qui font obstacle aux droits des femmes. L’engagement fervent de diverses parties prenantes en faveur de la mise en œuvre du Protocole de Maputo et du droit à l’avortement dans des conditions sûres en RDC donne à Ipas et à ses partenaires, qui mènent ce combat, un espoir renouvelé et la motivation nécessaire pour faire en sorte que les promesses du Protocole de Maputo deviennent une réalité pour les femmes et les filles de toute la RDC.

S.E. Antoinette Kipulu, ministre de la formation professionnelle et des métiers, lors de son discours d'ouverture.
S.E. Antoinette Kipulu, ministre de la formation professionnelle et des métiers, lors de son discours d’ouverture.