Validation du plan d’action CTS : Interventions intégrées et coordonnées pour le bien-être des adolescentes

Mar 6, 2026

CTS Nexus

En République démocratique du Congo, la province du Kasaï fait face à de graves défis en matière de respect des droits des filles. Les pratiques néfastes telles que les mariages précoces, les grossesses non désirées et les violences basées sur le genre demeurent profondément ancrées dans les communautés, avec des conséquences sévères sur la vie, la santé et l’avenir des jeunes filles.

Le manque d’accès à une information fiable sur la santé sexuelle et reproductive, ainsi qu’à des méthodes contraceptives adaptées, favorise la survenue de grossesses précoces. Celles-ci perturbent leur parcours éducatif, augmentent les risques de complications physiques et psychologiques et réduisent leur autonomie dans la prise de décision.

Selon l’enquête MICS 2017‑2018, près de 54 % des femmes de 20 à 24 ans dans la province du Kasaï ont été mariées avant l’âge de 18 ans, contre 29 % au niveau national. Entre 2021 et 2024, la province a enregistré 425 cas de mariages précoces, touchant principalement des adolescentes âgées de 15 à 17 ans. Ces statistiques témoignent d’une situation alarmante, caractérisée par la persistance des mariages d’enfants, la hausse des grossesses adolescentes et un taux élevé d’abandon scolaire, compromettant sérieusement les perspectives d’avenir des jeunes filles du Kasaï.

Face à cette situation, les autorités provinciales du Kasaï ont mis en place le Plan d’action CTS (Child Marriage, Teen Pregnancy, School Dropout), en collaboration avec Ipas RDC, avec l’appui financier de l’agence norvégienne de coopération et de développement (NORAD). Ce plan d’action constitue un outil stratégique et opérationnel, destiné à coordonner les interventions multisectorielles et à offrir une réponse durable aux défis rencontrés par les adolescentes.

Femme portant des boissons sur sa tête.

Un processus participatif et inclusif

Le processus a débuté par un atelier technique restreint, réunissant des experts des secteurs de la santé, de l’éducation et du ministère provincial du Genre. Les participants ont ensuite été répartis en six groupes correspondant aux axes stratégiques du plan, afin d’enrichir l’ébauche initiale. Les recommandations ont été discutées en plénière et intégrées dans la version finale.

Un atelier élargi de validation a ensuite rassemblé une diversité d’acteurs : société civile, autorités locales, forces de sécurité, élèves et autorités scolaires. Cette étape a permis de garantir une appropriation locale et de renforcer l’engagement collectif autour de la lutte contre les mariages précoces, les grossesses adolescentes et l’abandon scolaire.

Femme portant des boissons sur sa tête.

La validation officielle

L’aboutissement de ce processus a été marqué par la validation officielle du Plan d’action CTS par Son Excellence Madame Alphonsine BUNDU LUZANGA, Ministre provinciale du Genre, Famille et Enfant. Dans son allocution, elle a insisté sur l’urgence d’une action concertée :

« Chaque jour d’inaction condamne inexorablement des centaines de jeunes filles à un avenir compromis par les mariages précoces, les grossesses non désirées et l’abandon scolaire. »

Son leadership envoie un signal fort de la volonté politique de faire progresser l’égalité des sexes et de défendre les droits des filles dans toute la province.

Six axes pour transformer la vie des adolescentes

Le Plan d’action CTS s’articule autour de six axes stratégiques qui s’attaquent collectivement aux causes profondes et aux conséquences du mariage des enfants et de la grossesse des adolescentes :

  • Transformation des normes sociales néfastes : campagnes de sensibilisation et promotion de modèles positifs.
  • Maintien et retour des filles à l’école : prévention du décrochage et réinsertion des filles déscolarisées.
  • Accès aux services DSSR : amélioration de l’accès à des services adaptés, confidentiels et de qualité.
  • Engagement des parents et leaders communautaires : implication des familles et leaders dans la prévention.
  • Autonomisation des adolescentes : renforcement des capacités, leadership et compétences économiques.
  • Renforcement des mécanismes de protection : systèmes de signalement et application des lois de protection.
Femme portant des boissons sur sa tête.

Ces axes reflètent une approche holistique qui met l’accent sur la voix des filles, le soutien de la communauté et le renforcement des systèmes provinciaux.

Femme portant des boissons sur sa tête.
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Dans le cadre de la mise en œuvre du plan, les ministères provinciaux du Genre, Famille & Enfant et de l’Education avec l’appui technique et financier de Ipas organiseront diverses activités visant à favoriser le maintien des élèves à l’école. Le plan d’action prévoit notamment des campagnes de sensibilisation dans les établissements scolaires, ainsi que la création et la redynamisation des clubs scolaires dédiés à la santé sexuelle et reproductive (DSSR).

Ces espaces offriront aux jeunes l’opportunité de s’exprimer librement, de renforcer leurs connaissances en matière de santé sexuelle et reproductive, et de développer des compétences en leadership. L’objectif est de les préparer à devenir des acteurs de changement, capables d’influencer positivement leurs communautés et de promouvoir un environnement scolaire inclusif et protecteur.